

Malgré une direction artistique soignée et une fidélité apparente à l’univers d’Age of Sigmar, Realms of Ruin a reçu un accueil mitigé lors de sa sortie. Des critiques ont pointé du doigt un gameplay parfois jugé trop simplifié et des mécaniques manquant de profondeur par rapport à d’autres ténors du genre.
Partie 1 : Le Gameplay – Une Stratégie Temps Réel AoS Simplifiée ?
Le cœur d’Age of Sigmar: Realms of Ruin réside dans son gameplay de stratégie temps réel AoS. Le jeu s’éloigne des STR classiques de grande échelle pour se concentrer sur des escarmouches tactiques avec un nombre limité d’unités, rappelant des titres comme Dawn of War II ou Company of Heroes.
Contrôle de Points et Gestion des Ressources
Le système de ressources est simplifié à l’extrême. Les joueurs ne récoltent pas directement de ressources, mais capturent des Conduits des Arcanes disséminés sur la carte. Ces points génèrent passivement les deux ressources du jeu : la « Command » (Commandement), nécessaire pour produire des unités et utiliser certaines capacités, et la « Realmstone » (Pierre des Royaumes), utilisée pour les améliorations d’unités et les capacités les plus puissantes.
Contrôler ces conduits est donc vital pour développer son armée et prendre l’avantage. Cette approche met l’accent sur le contrôle de la carte et les affrontements constants pour les points stratégiques plutôt que sur la macro-gestion économique. Pour les vétérans du STR, cette simplification peut sembler manquer de profondeur, mais elle rend Age of Sigmar: Realms of Ruin plus accessible aux nouveaux venus.
Gestion des Unités et Combats Tactiques
Les joueurs contrôlent des escouades plutôt que des unités individuelles. Chaque escouade possède des capacités spécifiques, des forces et des faiblesses, souvent basées sur un système de contre (pierre-feuille-ciseaux : infanterie contre unités larges, unités larges contre unités à distance, unités à distance contre infanterie). Le positionnement, l’utilisation judicieuse des capacités spéciales (avec cooldown) et le focus des cibles sont essentiels.
Cependant, le jeu a été critiqué pour des déplacements parfois jugés « maladroits » et un pathfinding perfectible, ainsi qu’une gestion du combat qui peut manquer de précision. Le système de retraite, permettant aux unités de se désengager pour retourner se soigner à la base, est une mécanique intéressante mais peut parfois casser le rythme des affrontements. Le gameplay d’Age of Sigmar: Realms of Ruin se veut tactique, mais sa simplification et quelques lourdeurs peuvent frustrer les joueurs cherchant une micro-gestion très poussée. C’est un parti pris qui divise : accessibilité contre profondeur tactique.
Partie 2 : Les Factions Realms of Ruin – Qui Mener au Combat ?
Age of Sigmar: Realms of Ruin propose quatre factions jouables au lancement, chacune représentant une Grande Alliance et possédant un style de jeu distinct, inspiré du jeu de plateau Age of Sigmar.
Stormcast Eternals (Ordre)
Les champions de Sigmar, guerriers immortels reforgés dans les cieux d’Azyr. Ils représentent la faction « standard », polyvalente et relativement facile à prendre en main. Ils disposent d’unités solides et résistantes (Liberators, Vindictors), d’une bonne puissance de feu (Vanguard-Raptors) et d’unités rapides et volantes (Prosecutors). Leur mécanique unique leur permet de se redéployer rapidement sur la carte via des éclairs.
Orruk Kruleboyz (Destruction)
Les Orruks les plus rusés et cruels des marais. Les Kruleboyz excellent dans les tactiques sournoises, les embuscades et l’utilisation de poisons et de pièges. Ils disposent d’unités fragiles mais capables d’infliger de lourds dégâts à distance (Man-Skewer Boltboyz) ou au corps à corps (Gutrippaz), ainsi que de créatures monstrueuses comme le Sludgeraker Beast. Leur style de jeu est plus subtil et demande une bonne gestion du positionnement et des capacités de contrôle. Une faction intéressante pour ceux qui aiment les coups bas dans ce jeu vidéo Warhammer.
Nighthaunt (Mort)
L’armée spectrale de Nagash, composée de fantômes et d’esprits tourmentés. Les Nighthaunt sont une faction axée sur le surnombre, la régénération et la capacité à démoraliser l’ennemi. Leurs unités sont souvent éthérées (plus résistantes aux attaques normales) et peuvent revenir d’entre les morts. Ils disposent d’unités rapides (Spirit Hosts) et de puissants héros spectraux (Knight of Shrouds). Leur faiblesse réside dans leur vulnérabilité aux attaques magiques et leur dépendance à la présence de leurs héros. Ils offrent un style de jeu unique dans Realms of Ruin.
Disciples of Tzeentch (Chaos)
Les serviteurs du Dieu du Changement, maîtres de la sorcellerie et de la mutation. Cette faction est la plus complexe à maîtriser, reposant heavily sur l’utilisation de sorts puissants, d’unités capables de voler ou de se téléporter (Screamers, Horrors) et de mécaniques de manipulation du Warp. Ils peuvent invoquer des démons mineurs et disposent d’une puissance de feu magique considérable, mais leurs unités sont souvent fragiles. Un défi intéressant pour les joueurs expérimentés en stratégie temps réel AoS.
Le choix de faction influence grandement l’approche tactique et la manière d’aborder les différentes cartes et adversaires.
Partie 3 : Les Modes de Jeu – Campagne, Conquête et Multijoueur
Age of Sigmar: Realms of Ruin propose plusieurs modes pour varier les plaisirs, bien que leur qualité soit inégale.
La Campagne Solo : Un Tutoriel Scénarisé
La campagne narrative met en scène les Stormcast Eternals et les Orruk Kruleboyz dans une histoire originale se déroulant dans le Royaume de Ghur. Si la direction artistique, les graphismes et les effets sonores sont souvent loués pour leur fidélité à l’univers Age of Sigmar, l’histoire elle-même est jugée peu originale et les dialogues (malgré un doublage français présent) parfois critiqués.
Son principal intérêt réside dans son rôle de long tutoriel. Elle introduit progressivement les mécaniques de jeu, les différentes unités des factions concernées et les concepts de base de la stratégie temps réel AoS propre à Realms of Ruin. Malgré ses faiblesses narratives, il est fortement recommandé aux nouveaux joueurs de la parcourir pour se familiariser avec le jeu avant de se lancer dans les autres modes. C’est une introduction nécessaire à Age of Sigmar: Realms of Ruin.
Le Mode Conquête : La Bonne Surprise Rogue-like
Le mode Conquête est souvent considéré comme le point fort du contenu solo. Il propose une expérience de type rogue-like avec une forte rejouabilité :
- Choix et Progression : Le joueur choisit une des quatre factions Realms of Ruin et progresse sur une carte générée aléatoirement, en choisissant son chemin et ses batailles.
- Modificateurs Uniques : Chaque bataille remportée ou objectif atteint octroie des modificateurs (bonus passifs, capacités spéciales, unités uniques) qui influencent la partie en cours.
- Défi Croissant : Les ennemis deviennent de plus en plus forts, et le joueur dispose d’un nombre limité de vies. Perdre signifie recommencer la conquête depuis le début.
- Adaptation Constante : Ce mode oblige à adapter sa stratégie en fonction des modificateurs obtenus et des défis rencontrés, offrant une expérience plus dynamique et moins prévisible que la campagne.
Le mode Conquête apporte une profondeur bienvenue et une durée de vie considérable à Age of Sigmar: Realms of Ruin pour les joueurs solo.
Le Mode Multijoueur : Classique mais Efficace
Le multijoueur est le cœur de l’expérience pour beaucoup de joueurs de STR. Ce jeu propose des modes classiques :
- 1v1 et 2v2 Compétitifs : Affrontez d’autres joueurs en ligne dans des matchs classés ou non classés pour tester vos compétences et stratégies.
- Coop vs IA : Faites équipe avec un ami pour affronter l’intelligence artificielle.
Le multijoueur permet d’exploiter pleinement les spécificités de chaque faction et les synergies d’équipe. C’est là que la maîtrise des mécaniques de jeu, du contre des unités et de la gestion des ressources prend tout son sens. L’équilibrage entre les factions Realms of Ruin est un enjeu constant pour les développeurs afin de maintenir une scène multijoueur saine. C’est un aspect solide de ce jeu vidéo Warhammer.
Partie 4 : Personnalisation et Création – Les Éditeurs d’Armée et de Cartes
Age of Sigmar: Realms of Ruin intègre des outils permettant aux joueurs de personnaliser leur expérience visuelle et de créer leurs propres champs de bataille.
L’Éditeur d’Armée : Peindre Virtuellement
Un point fort apprécié des hobbyistes est l’éditeur d’armée. Il permet de personnaliser l’apparence de ses unités en utilisant une large palette de couleurs basée sur la gamme Citadel de Games Workshop. Les joueurs peuvent choisir des schémas de couleurs prédéfinis ou créer les leurs, en appliquant différentes teintes aux différentes parties de l’armure, des armes ou des bannières. Il est même possible d’ajouter des effets de texture, d’ombrage ou de surlignage pour un rendu plus proche de la peinture sur figurines.
Cependant, cet outil reste cosmétique. Il ne permet pas de modifier les poses, l’équipement ou d’ajouter des accessoires, limitant la personnalisation par rapport à la conversion de figurines physiques. De plus, l’absence d’une fonctionnalité pour partager ou télécharger les schémas de peinture de la communauté est un manque notable. Malgré tout, c’est une fonctionnalité sympathique pour donner un look unique à son armée.
L’Éditeur de Cartes : Créez Vos Champs de Bataille
Le jeu inclut également un éditeur de cartes robuste et intuitif. Les joueurs peuvent choisir un biome (environnement), définir la taille de la carte, sculpter le terrain, placer des éléments de décor (rochers, forêts, ruines…), positionner les points de départ et les Conduits des Arcanes. Cet outil offre une grande liberté créative pour concevoir ses propres champs de bataille.
Les cartes créées peuvent être jouées en solo contre l’IA ou partagées avec la communauté pour être utilisées dans des parties multijoueurs personnalisées. C’est un ajout solide qui augmente la durée de vie et l’implication communautaire autour d’Age of Sigmar: Realms of Ruin.
Conclusion : Age Of Sigmar Realms Of Ruin Un STR Ambitieux mais Perfectible
En définitive, Age of Sigmar: Realms of Ruin est un jeu vidéo Warhammer qui souffle le chaud et le froid. D’un côté, il réussit admirablement à capturer l’esthétique et l’atmosphère brute de l’univers Age of Sigmar, avec une direction artistique et sonore de grande qualité. Le mode Conquête offre une expérience solo rejouable et engageante, et les outils de personnalisation d’armée et de création de cartes sont des ajouts bienvenus qui raviront les fans et les créatifs.
D’un autre côté, le cœur du gameplay de stratégie temps réel AoS peut laisser sur leur faim les vétérans du genre, avec ses mécaniques simplifiées et quelques lourdeurs dans le contrôle des unités. La campagne solo, bien qu’utile comme tutoriel, souffre d’une narration peu inspirée. Age of Sigmar: Realms of Ruin semble parfois hésiter entre l’accessibilité pour les nouveaux venus et la profondeur attendue par les habitués des STR.
Notre avis sur Realms of Ruin est donc mitigé : c’est un jeu avec un potentiel certain et une excellente représentation de l’univers, mais qui aurait bénéficié de mécaniques de jeu plus affinées. Il reste une porte d’entrée intéressante à l’univers Age of Sigmar en format jeu vidéo Warhammer, surtout si vous le trouvez à un prix raisonnable.
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